Pike – Benjamin Whitmer

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Dans le cadre de leur nouvelle collection Néo Noir, l’édition Gallmeister republie Pike de Benjamin Whitmer pour donner le ton des futurs romans noirs à venir. En effet, Douglas Pike n’est pas le plus gentil des hommes sans être pour autant le plus méchant. Prenons la direction des Appalaches pour une rencontre tout ensanglantée.

Dès le premier chapitre, l’auteur, Benjamin Whitmer met directement dans le bain son lecteur. Il veut être certain que dès le début le lecteur sache dans quelle histoire il met les pieds. Ici, c’est plus l’univers des Bisounours chez Black Sabbath.

– Tu l’as buté, hein, espèce de fils de pute ? dit le plus grand en serrant ses gros poings noirs.
Derrick continue d’avancer, le .45 pointé vers son interlocuteur.
– Il s’est pris les pieds dans ses lacets.
– Ah ouais ? Et c’est comme ça qu’il a mis plein de bouts de cervelle par terre ?
– Ça arrive à tout le monde. Ça pourrait même vous arriver à vous.

Une belle occasion de nous présenter un des acteurs principal de cette histoire : Derrick Krieger. Ni voyez aucune référence à un homologue allemand. Flic, dealer et mac à ces heures perdues. La violence est une chose ordinaire comme boire un verre. Alors tirer une balle à bout portant dans la tête d’un mineur, pas de soucis pour lui. Toutefois, ce geste va lui causer quelques désagréments dans le milieu car il aurait la gâchette un peu sensible. Il a une moral quand même. Il ne tolère en aucun cas les viols sur mineur. C’est une des raisons pour laquelle il a tué le gamin. D’ailleurs, on trouve une scène où il apprend à des étudiants très gentiment avec menace de son arme que ce n’est vraiment pas bien de violer une petite fille de 11 ans. Alors à l’aide d’une clé à molette, il va forcer les deux violeurs chacun son tour de violer l’autre avec l’outil. L’histoire ne dit pas si de l’huile a été autorisée.

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Dans une autre, ville on va à la rencontre de notre héros, Douglas Pike. Par héros, il ne faut pas entendre, un homme bon, gentil et généreux ayant toujours le cœur sur la main. A certains moments, il battait sa femme, a abandonné son enfant et faisait régner la terreur à l’occasion. Il a fait beaucoup d’effort pour s’éloigner de l’homme épouvantable qu’il a pu être avant. Un soir, une prostituée, Dana, vient à sa rencontre et lui annonce que sa fille est morte suite d’une overdose. Le pompon, c’est qu’il est grand-père et qu’il vient d’hériter de sa petite fille, Wendy, 12 ans. Solitaire et bourru, il va devoir s’ouvrir un peu à cet enfant au caractère déjà bien trempé. Par chance, ils ont un point commun : la passion de la lecture. Car l’univers peut-être noir, on peut toujours s’épanouir avec les livres.

Lui non plus y a pas moyen de le sortir de ses livres. C’est pour ça qu’il a aucun ami. Il passe son temps à lire des livres bizarres. Ou à insulter ceux qui les ont pas lus.

Alors quand le flic véreux s’intéresse de trop prêt à la fillette, il va mener sa petite enquête accompagné de son meilleur ami Rory, en plein cœur de Cincinnati. Cette ville où règne Krieger, est remplie de drogués, de dealers, de prostitués et de violence. C’est sans grande surprise qu’ils rencontrent des loques humaines, des attardés mentaux (issus de rapports sexuels entre membres d’une même famille), des êtres qui n’ont plus de connexion au monde qui sont prêt à commettre des actes de malveillance totalement gratuits. Ils vont apprendre de nombreuses choses mais afin d’obtenir ces informations, ils ont dus remuer beaucoup de merde. Les conséquences de cette quête vont mener à de grands changements. Il faut être prévenu, tout le monde ne va pas survivre à ce règlement à OK Nanticote. Des cœurs vont saigner et se briser.

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En effet, le roman est noir, un peu dur et avec une amélioration de vie impossible. Welcome to no hope world. Mais cela reste sympathique avec les quelques têtes qui explosent, les corps qui se percent de plomb et des combats rarement à la loyal. Les personnages sont bien marqués par la vie et possède une authenticité surprenante et très plaisante à la fois. Je me suis attachée aux personnages surtout à la petite fille qui a un fichtre caractère accompagné de son chat aux dents pointues. Le rythme est donné avec de très courts chapitres allant de personnages en personnages jusqu’à la rencontre final que l’on attend avec impatience. J’aime ce style narratif. L’idée qu’un « gentil » avec de très guillement soit à la poursuite d’un flic complètement pourri reste une idée originale.

Cotton actionne la pompe de son calibre 12 et refait feu à travers le bar, criblant de plombs le cadavre de Jessie. Ils l’ont pas encore fabriquée, la cartouche de fusil à pompe capable de perforer trois cents bonnes livres de gros bouseux du Kentucky.

Mais, et oui, il y en a un. Je n’ai pas été totalement conquise par le roman qui est resté sans surprise. Il y aurait eu moins de morts que j’aurais crié « Remboursé ». Il faut ce qu’il faut pour être dans un bon roman et sans espoir. D’ailleurs, ce n’est pas Johny qui va me contredire là-dessus. J’aurais aimé qu’il se passe quelque chose qui m’aurait totalement prise au dépourvue. Quelque chose où j’aurais dit que l’auteur était un pur génie. J’ai lu l’histoire qui se lit de façon très agréable en soit, les pages se tournent tranquillement. Le souci, c’est qu’en arrivant à la fin, je me disais juste qu’enfin j’allais finir pour en commencer un nouveau. Juste un dommage. Cependant, cela ne m’a coupé l’appétit du noir, puisque à lire les critiques élogieuses de la nouvelle collection de Gallmeister, il y a du titre prometteur. Alors pourquoi ne pas aller piquer ma curiosité.

Dehors, rien ne change. Dedans non plus.

Une adorable balade dans les quartiers crépusculaires et malfamés des EU ou la crasse fréquente la drogue et les prostitués. La confrontation de deux héros ne peut que mal tourner, d’ailleurs on n’attendait que cela. Bravo quand même à ce premier roman de Benjamin Whitmer qui marque son style qui pour moi n’est pas totalement abouti, mais je garde l’espoir que le second le sera plus. En tout cas, si vous aimez bien la noirceur totale, vous ne serez pas déçu avec ce petit roman

Prix
2013 : finaliste du Grand Prix des Littératures Policières

Cinéma
Le réalisateur, Olivier Marchal travaille actuellement à l’adaptation cinématographique.

Lien vers la page consacrée sur le site de l’éditeur

Si vous avez aimé, vous aimerez
Diable tous le tempsDonald Ray Pollock
Joe – Larry Brown

 L’avis de Belette   

Dans la même collection 
L’enfer de Church Street – Jake Hinkson
Cassandra – Todd Robinson

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13 réflexions sur “Pike – Benjamin Whitmer

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  5. « Cotton actionne la pompe de son calibre 12″… mais c’est cochon, ça !!

    Je me marre avec Derrick et son flingue parce qu’il ne fait pas peur, mais depuis que je connais certains faits de son passé, je ne regardera plus un épisode de cette série avec le même sourire benêt 😦

  6. Pingback: Cassandra – Todd Robinson | 22h05 rue des Dames

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