Une belle fin d’Uberto Pasolini

AFFICHELa mort n’est pas toujours un sujet facile à aborder. Le réalisateur Uberto Pasolini décide de nous raconter l’histoire d’un homme, John May qui respecte les morts et qui pense à eux. Employé de morgue, il cherche la famille de ces personnes décédées dans la solitude pour qu’il puisse venir assister à la crémation.

Petit, solitaire, toujours en costume sombre, un brin maniaque, il fait son travail de façon très consciencieuse. John May cherche des personnes proches de défunt avant de procéder à leur enterrement. Il prend le temps de chercher puis accompagner la dépouille jusqu’à son enterrement. Il va même jusqu’à écrire l’éloge funèbre. Mais voilà, la ville doit faire des économies et trouve que cet employé passe trop de temps à gérer les décès. Après 22 ans de service, il est remercié. Toutefois, avant de partir il veut retrouver les proches de son dernier cadavre, William Stoke, ancien soldat mort dans l’appartement en face du sien.

3954650.jpg-r_x_600-f_jpg-q_x-xxyxx

Ce retranchement fait écho à la sienne avec ces petites habitudes ritualisées, magnifiquement filmé. Il va petit à petit rencontrer des personnes lui parlant de cet homme. Infidèle, violent, vulgaire, méchant, alcoolique et cruel… pourtant il arrive à se faire aimer. D’ailleurs, John ne va pas être insensible au charme de la douce Mary. Cette nouvelle rencontre va lui donner un peu plus de liberté de vie, comme moins regarder en traversant. Une dernière aventure avant son départ qui lui redonne du baume au cœur. Car pour William Stoke, il va lui donner un dernier hommage incroyable et en plus, pour la première fois, des gens feront le déplacement pour l’ultime trajet de cette personne pas si généreuse.

Ce anti-héros très attachant interprété par le surprenant Eddie Marsan nous emmène en plein cœur de son quotidien rempli de silence, partagé avec le spectateur et de solitude. Tout est rangé, tout est carré, peu de place à la folie, aux excès de sentiments. Quand l’amour pointe le bout de son nez, les changements sont extrêmement s légers mais terriblement bien filmé et interprété. J’ai adoré ces plans répétitifs qui montrent le quotidien de l’homme, avec l’ouverture de sa boîte de thon, la mise en place de la table, le collage de photo dans l’album des personnes sans famille. Important l’album avec de nombreux portraits car ces visages vont revenir à un moment le plus touchant du film. D’ailleurs, on peut les voir sur l’affiche.

8ldu

Je ne m’étais pas douté de la fin du film même si le sujet, l’histoire et surtout le titre m’étaient indiqués. Tout m’informait sur ce qui allait se passer. C’est l’ironie de cette aventure cinématographie.

Il y a un travail sur le silence car par moment pas de bande son même en fond sonore. Le bruit de la salle résonnait à ces moments beaucoup plus forts. Cela permet de renforcer cette image d’isolement, d’habitude et la tristesse du quotidien. J’ai beaucoup aimé les plans du dessus de l’album photo, de l’espace restauration, de John dans son fauteuil… Impression photographique.

Entre infinie tristesse et infinie tendresse, je quitte le cinéma entre deux émotions avec l’impression d’avoir vu quelque chose de bien particulier.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s