Le premier qui voit la mer – Zakia et Célia Heron

unnamed-8Tel un journal intime, Zakia et Célia Héron, mère et fille, livre l’histoire d’une femme, de sa fille et de l’Algérie à travers le temps. Un témoignage du quotidien d’un pays qui a radicalement changé dont il reste juste des souvenirs avec beaucoup de sourires mais trop de blessures.

L’Algérie c’est le pays natal de notre héroïne, Leïla. Issue d’une famille nombreuse, elle apprend très jeune les tâches réservées aux femmes et celles réservées aux hommes avec sa mère et sa grand mère. Très vite, elle s’interroge sur le pourquoi une telle différence. Elle aussi veut sortir, faire des études, se marier avec qui elle veut et non que son père lui choisisse un mari. D’ailleurs, c’est ce qu’elle va faire, conquérir petits à petits une liberté de choix et d’être. Mais certains choix impliquent alors de ce couper de sa famille, comme par exemple se marier avec un français et non un homme choisi par son père.

Elle ne veut plus souffrir d’être une femme. La guerre lui a fait perdre un frère et sa grand-mère meurt de chagrin. Après, le retour au calme ne se fait pas vraiment même si un léger souffle de liberté revient. Mais pas trop vite, car les frères musulmans sont là et brident complètement les femmes pour les enfermer à la maison avec les enfants. Obligation de sortir voilée, interdiction d’apprendre à lire, à écrire et encore moins à réfléchir. Une femme doit juste obéir à son mari et lui dire merci. Le durcissement des conditions de vie la pousse à fuir avec son mari et fonder une famille en France.

Son histoire débute le 15 avril 1956 pour finir en juillet 2011, avec l’écho de la voie de sa dernière fille, qui elle n’a pas connu l’Algérie. Une souffrance de quitter ces racines et de ne pouvoir jamais retourner sur les pas de son histoire et ne pas arriver en parler. Chaque jour, il faut vivre avec ces blessures et la perte des gens que l’on aime. Heureusement, qu’il y a de l’amour de ces enfants et de son mari qui l’aide à supporter chaque jour.

Un roman qui se lit très vite et qui a un côté très agréable. Direct et sans trop de facilités, les auteures ont décidé de tout traité sans rien cacher. Le genre qui se rapproche d’un journal intime favorise l’authenticité du récit et surtout l’attachement aux narratrices. Il est rare que l’Algérie soit abordé et encore moins d’un point de vue féminin. Alors bravo, mesdames d’avoir osé, j’espère que vous trouverez vos lectrices. Cela m’a donné envie de connaître plus ce pays que cela soit du point de vue politique, droits de la femme où culinaire. Toutefois, je trouve étrange le choix du motif de couverture car malgré une texture agréable, l’image est vilaine. J’aurais vu le livre en librairie où en médiathèque, je n’aurais même pas pris la peine de regarder la quatrième de couverture, ce qui aurait bien été dommage.

Alors comme Leïla lorsqu’elle prit le bateau avec ces deux filles pour la France, soyez le premier qui voit la mer et partez à la découverte d’une vie surprenante, haute en couleurs et en conviction.

 

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Une réflexion sur “Le premier qui voit la mer – Zakia et Célia Heron

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