Bienvenue au club – Jonathan Coe

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4ème de couverture
Imaginez ! L’Angleterre des années soixante-dix, si pittoresque, si lointaine, avec ses syndicats prospères et sa mode baba cool. Une image bon enfant que viennent lézarder de sourdes menaces : tensions sociales, montée de l’extrême droite, et une guerre en Irlande du Nord qui ne veut pas dire son nom. Mais dans ces années où l’État-providence laisse place au thatchérisme, Benjamin, Philip, Doug et leurs amis ont d’autres choses en tête : s’intégrer aux clubs de leur lycée, oser parler aux filles, monter un groupe de musique, s’échapper de Birmingham l’endormie pour des aventures londoniennes… Trop innocents pour saisir les enjeux et les intrigues qui préoccupent leurs parents. Jusqu’à ce que le monde les rattrape. Dans ce roman foisonnant, premier volet d’un diptyque,
Jonathan Coe renoue avec la veine de Testament à l’anglaise, usant de tous les styles, entremêlant en virtuose récits et personnages, tirant d’une main experte tous les fils du destin, pour nous offrir à la fois un roman d’apprentissage nostalgique, et le tableau ample, grave et lucide d’un pays en pleine mutation.

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Jonathan Coe (où l’éditeur français) nous invite à aller à la rencontre des ces personnages avec son titre Bienvenue au club (titre originale Club Trotter). Alors direction, l’Angleterre, Birmingham, 1973 au coeur d’un pays qui souhaite plus d’égalité et se retrouve bouleversé par les grèves et les attentats. Découvrons ces révoltes à travers des familles très représentatives.

Dans le lycée King William, on va rencontrer Benjamin Trotter, 15 ans, qui se passionne pour l’écriture et la composition musicale. Elle est principalement inspirée par une charmante demoiselle que sa timidité l’empêche d’approcher, la merveilleuse et simple d’esprit Cicely. Il aime Dieu aussi surtout depuis que ce dernier l’a aidé à avoir un maillot de bain lorsqu’il avait oublié le sien. Son frère, Paul, a un caractère bien différent et n’hésite pas à le taquiner autant qu’il peut. Tout comme sa soeur, Lois, dont le fiancé a été tué dans un attentat de l’IRA.

Autour de lui d’autres adolescents avec Doug Anderton, fils de syndicaliste très engagé qui aime bien avoir des aventures extra-conjugales mais qui a beaucoup changé lorsque pendant une grève en soutien à une autre usine, des policiers ont matraqué les ouvriers dont lui à la tête. Philip Chase, élève sérieux et très bon ami de Benjamin dont la mère a eu une aventures pendant plusieurs années avec le prof de dessin qui l’a charmé avec l’usage raffiné des mots. Steve Richards, unique noir de l’école qui se fait très souvent humilié par les autres élèves d’autant plus qu’il excelle dans tout ce qu’il fait. Son éternel rival, Ronald Culpepper qui n’hésite jamais à lui mettre des battons dans les roues jusqu’à mettre du poisson dans un thé le jour d’un examen excrément important.

D’une part on va suivre la vie de ces étudiants en quête d’eux-même et qui rêve d’un avenir plein de réussite. Pourtant, il y a la réalité des faits qui nous est raconté avec la vie des adultes avec les grèves à l’usine automobile de British Leyland, la montée du national front et du nationalisme. Signes annonciateurs des années Thatcher qui pointent vite son nez et qui vont métamorphoser le paysage anglais. Mais aussi des histoires plus proche des gens avec les aventures d’un père avec des employées de l’usine et parfois il lui arrive de tomber amoureux de ces séduisantes jeunes femmes. La mère qui n’a plus beaucoup d’échanges qui tombe amoureuse d’un autre homme que son mari car il lui parle avec des mots qu’elle ne comprend mais qui lui sont doux à l’oreille. Ou l’histoire d’une jeune fille qui vivait une histoire d’amour idéale qui sera à jamais briser suite à un attentat à la bombe le soir où il allait faire sa demande en mariage.

Jonathan Coe a une plume très reconnaissable dès que l’on commence à le lire. Passionné par l’histoire de son pays, c’est avec une certaine satisfaction qu’il raconte les combats et les conflits qui ont fait palpiter le coeur de la Grande-Bretagne. Il n’utilise jamais de clichés et de stéréotypes faciles, ils donnent une véritable épaisseur à ces personnages c’est ce qui les rend d’autant plus attachants et réels. J’ai adoré l’alternance des différents styles de narration qui nous sont proposés avec les lettres, les points de vue des personnages, les articles, les interviews… Cela dynamise la lecture avec en plus beaucoup de courts chapitres et des voyages dans le temps.

Histoire d’amour, peine de coeur, aventures sexuelles, articles dans le journal de l’école, grève, amants, corruption sont au coeur de ce roman très saisissant. Entre document et fiction, Jonathan Coe sait tenir son lecteur en haleine pour lui faire vivre une histoire hors du commun tout en douceur et en réalité. Les pages se tournent avec plaisir et beaucoup de sérieux. Un auteur que je retrouve toujours avec un grand plaisir.

L’auteur a écrit une suite où l’on peut retrouver les personnages 20 ans plus tard qui se nomme Le Cercle fermé.

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Merci à Valérie de m’avoir envoyé ce roman

Des romans du même auteur et déjà lu
Testament à l’anglaise
La vie très privée de Mr Sim
La pluie avant qu’elle tombe

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4 réflexions sur “Bienvenue au club – Jonathan Coe

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