Le confident – Hélène Grémillon

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Hélène Grémillon est apparue dans le panel littéraire en 2010 avec son premier roman Le Confident. Son envie de raconter l’histoire de deux femmes qui se haïssent se concrétise avec ce roman autour d’un enfant et de l’Amour. Les histoires de famille ne sont jamais simples et Camille va très vite s’en rendre compte.

En 1975, la mère de Camille meurt dans un accident de voiture. Sa boîte aux lettres va alors doucement se remplir de lettres de condoléances. Elle fait deux paquets, l’un avec les courriers avec adresses et l’autre sans. Très vite une enveloppe l’attire plus que les autres. Elle l’ouvre et lit l’histoire qui lui est proposé. Etrange courrier. De qui parle t’il? A qui est-il vraiment adressé? Puis tous les mardis, une enveloppe et la suite de l’histoire. Elle s’interroge. Qui est cette Annie, ce Louis? Où peut se situer l’histoire? Puis le doute commence à s’installer. Cette histoire c’est en partie la sienne et celle de sa mère, plutôt de ces mères. Celle qui toute jeune, suite à une confidence qui l’a bouleversé accepte de faire l’amour avec un homme plus âgé pour donner à un enfant à cette autre femme qui n’arrive pas à en avoir.

De ce geste de bonté et de gentillesse, va naître un conflit et une souffrance horrible. Madame M. qui souhaitait un enfant va enfin pouvoir en avoir un même si il est né de l’amour d’une adolescente et de son mari. L’amour pour un enfant transcende tout. Alors que la guerre approche aux portes de Paris comme celle du monde entier, Madame M. ménage Annie pour le bien être de l’enfant, de son enfant. Mais une fois, que Louise véritablement baptisée Camille, à un mois, Madame M. jette dehors Annie alors que les allemands sont dans Paris. La jalousie et la douce folie ont pris possession de sa raison. La jeune fille va se retrouver alors dans la solitude, éloignée de son enfant et dans un contexte historique qu’elle ne maitrise pas. A partir de ce moment, pour les deux femmes, une seule chose va les faire vivre et combattre : la petite fille.

Il est bien difficile de résumer l’histoire tellement il y a de sous-histoires et d’histoires dans l’histoire. Vous comprenez? Au final, Camille, elle même enceinte de quelques mois et sans compagnon, se trouve face à cette histoire toute étrange et pleines de rebondissements. Au final, elle a toujours eu au moins une mère pour veiller toujours sur elle même d’un oeil discret. C’est le grand retournement de fin qu’Hélène Grémillon adore puisqu’elle fait la même chose dans son second roman : La Garçonnière. Toutefois, ici, elle avait soigneusement donné des indices par-ci par-là pour indiquer éventuellement qui pouvait être sa mère biologique.

Tout comme son second roman, l’auteure aime incrusté son histoire dans une période historique pour lui donner une gravité supplémentaire. Elle fait le choix de la Seconde Guerre Mondiale entre 1938 et 1942. Les références données sont très précises et fiables, mais cela n’apporte rien à l’histoire. Car ici aussi, les évènements de ces deux femmes auraient pu être n’importe où dans le monde et n’importe quand. Le détachement entre les deux me dérange un peu et le choix me paraît alors un peu gratuit au final. Et une autre chose m’a un peu dérangé, c’est le choix de mettre du texte type tapé à la machine pour le récit et la police que l’on trouve plutôt habituellement dans les romans comme style, pour les lettres. D’habitude, c’est l’inverse que l’on trouve dans les livres. Cet inversement m’a demandé un petit temps d’adaptation.

Mais une chose à retenir, Hélène Grémillon a vraiment son style. Il ni a pas de doute qu’avec des histoires qui se construisent à différentes époques, à différents moments avec des allers-retours dans le passé-présent qu’elle trouve un public fidèle, passionné par ce style. En plus, l’écriture est légère, facile à lire et à comprendre. Elle s’adresse à tous le monde. Et vu le succès de son second roman, elle affirme qu’elle va rester encore un moment dans le monde de littérature française.

Un roman que l’on a du mal à quitter sans devoir le terminer. Une fois ouvert, vous n’aurez qu’une certitude vouloir aller à la page 311 pour savoir ce qui va se passer. N’attendez pas, tout de même, un passionnant roman historique ou une véritable enquête policière. C’est le récit de vies de femmes et de leur rapport à la maternité, que même vous messieurs pouvez lire.

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Prix
Prix Roblès, à Blois, Prix du 1er roman

Livre l’avis de La Critiquante, l’avis Nos expériences autour des livres

Merci à Folio pour cette lecture

De la même auteure
La Garçonnière

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6 réflexions sur “Le confident – Hélène Grémillon

  1. Pingback: La garçonnière – Hélène Grémillon | 22h05 rue des Dames

  2. Pingback: Mon auto-challenge – 200 livres en 2015 | 22h05 rue des Dames

  3. Un livre fort en émotion que j’ai beaucoup aimé. Je n’avais pas fait le rapprochement mais effectivement il se lit comme un polar dont on ne veut pas arrêter la lecture jusqu’à découvrir l’énigme. Je me souviens ô combien j’ai compris ces deux femmes même si leurs agissements sont parfois mal vaillants et insupportables.
    Un très beau livre !

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