Le grand Coeur – Jean-Christophe Rufin

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Etes-vous prêt pour un voyage au coeur du Moyen Age sous Charles VII (1403 – 1461)? Etes-vous prêt pour aller à la rencontre du surprenant Jacques Coeur? Vous ne pouvez dire que oui, car un voyage très passionnant vous attend.Jean-Christophe Rufin, enfant, grandit à Bourges et souvent, en passant devant une demeure atypique, il s’interrogea sur son histoire. En plein coeur du centre ville se cache le Palais de Jacques Coeur avec deux façades très différentes. L’auteur garde dans sa mémoire ce lieu particulier et l’amène quelques dizaine d’année plus tard, à écrire l’histoire de son propriétaire. Car sous ce nom simple, ce cache un homme malin, curieux et ouvert dans lequel, l’auteur se retrouver car malgré sa modeste naissance, sa passion, sa curiosité et son ouverture ont permis de réussir, tout en cultivant la solitude. C’est ce lien particulier qui va donner une dimension très particulière au livre.

L’ouvrir était une sorte de rendez-vous intime avec un ami qui me parle de sa vie avec une grande honnêteté. Un rendez-vous qui se savoure et s’apprécie vraiment. Les pages se tournent et mon ami Jacques ou Jean-Christophe me parle d’un Moyen Age qui se veut innovant et novateur grâce à des voies de commerce qui se mettent en place non seulement sur le territoire français partagé en plusieurs royaumes mais aussi en Allemagne, en Hollande, en Angleterre, l’Italie puis l’Orient, l’Inde… Tout se vend et tout s’achète, créant ainsi une dynamique de création aussi bien d’artisanat que guerrier. Jacques Coeur aidé de ces amis va développer ce réseau international intelligemment ce qui va lui permettre de monter dans l’échelle sociale. Bien entendu, Charles VII contribue grandement à sa réussite mais sous cette apparence d’homme fragile se cachait un homme orgueilleux, jaloux et manipulateur.

L’histoire de se déroule sur toile de fond d’Histoire de France avec ces guerres, ces croisades, la religion, des conquêtes… On est plongé au coeur de la cour du roi de France avec ces nobles et ces bourgeois, le faste, les excès, les maîtresses du roi…  Tout comme vers les petites gens que préfèrent d’ailleurs fréquenter Jacques Coeur, car plus naturel et authentique. Il a connu son véritable amour avec Agnès Sorel, une maîtresse officielle du roi. Toutefois, réussir a souvent un prix celui de la Jalousie. Il sera accusé à tort à cause. Sa condamnation a mort ne va pas le démoraliser, bien au contraire car aider de son compagnon et de ces amis il va s’enfuir.

Un roman passionnant avec un style fluide et une écriture élégante, que je n’ai pas pu lâcher jusqu’à la dernière page. J’ai compléter mon inculture crasse de l’Histoire de France et découvert un très passionnant personnage. En plus, j’ai retrouvé le Moyen Age que j’apprend à connaître que l’on peut retrouver dans les représentations ou la teinture de la dame à la Licorne. J’ai vraiment aimé ce livre et maintenant il me reste à un auteur à découvrir.

Des mots que j’ai aimé
« A mon réveil, j’éprouvais la légère amertume, en même temps que le grand soulagement, de savoir que nous serions toujours deux, mais chacun seul. « 

« Il est un âge où l’on peut forcer sa nature avec sincérité et se convaincre, jour après jour, que l’on suit un chemin nécessaire alors qu’il vous éloigne de votre volonté profonde et que l’on s’égare. L’essentiel est de garder assez d’énergie pour changer lorsque l’écart devient souffrance et que l’on comprend son erreur. »

« Leur désir n’était que de se battre, mais ils s’en montraient incapables. Dans les batailles, qu’ils avaient toutes perdues, ils ne se souciaient pas de discipline, de tactique ni de victoire. Ils mourraient en gloire et cela seul comptait. Peu leur importaient les princes prisonniers, les rançons à payer, les terres perdues, les peuples ruinés. Peu leur importait que pour nourrir leur oisiveté guerrière, il faille que les bourgeois se saignent, que les paysans jeûnent, que les artisans travaillent à perte. En France, cet entêtement passait pour de la noblesse d’âme. »

« En somme, j’étais parti de cette ville en la tenant pour un héritage immobile; je revenais en y voyant le matériau d’une histoire qui ne dépendait que des humains. »

« Ce Palais était une offrande que je faisais aux temps futurs, non pas dans l’espoir vain qu’ils souviendraient de moi, mais pour porter témoignage de la force du rêve. Ce qu’un petit garçon de fourreur avait imaginé, à deux rues de là, était devenu cette bulle de pierre posée sur le bord de l’ancien oppidum; ceux qui continueront de le voir quand j’aurai disparu sauront quelle peut être la force de l’esprit et prendront, je l’espère, leurs chimères au sérieux. Toutes les choses existent en dehors de nous. La pierre n’a pas besoin de l’homme pour être pierre. Seul nous appartient ce qui n’existe pas et que nous avons le pouvoir de faire venir au monde. »

4ème de couverture
Dans la chaleur d’une île grecque, un homme se cache pour échapper à ses poursuivants. Il évoque sa vie et tente de démêler l’écheveau de son incroyable destin. Fils d’un modeste pelletier, il est devenu l’homme le plus riche de France. Il a permis à Charles VII de terminer la Guerre de Cent ans. Il a changé le regard sur l’Orient, accompagnant le passage des Croisades au commerce, de la conquête à l’échange. Comme le palais auquel il a laissé son nom, château médiéval d’un côté et palais renaissance de l’autre, c’est un être à deux faces. Il a voyagé à travers tout le monde connu, aussi à l’aise dans la familiarité du pape que dans les plus humbles maisons. Parmi tous les attachements de sa vie, le plus bouleversant fut celui qui le lia à Agnès Sorel, la Dame de Beauté, première favorite royale de l’Histoire de France, disparue à vingt-quatre ans. Au faîte de sa gloire, il a connu la chute, le dénuement, la torture puis, de nouveau, la liberté et la fortune. Cet homme, c’est Jacques Coeur. Il faut tout oublier de ce que l’on sait sur le Moyen Âge et plonger dans la fraîcheur de ce livre. Il a la puissance d’un roman picaresque, la précision d’une biographie et le charme mélancolique des confessions.

L’avis des Lectures de Léo

Biographie de Jacques Coeur sur Wikipedia
Lien vers le site de Folio

Du même auteur 
Le collier rouge

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2 réflexions sur “Le grand Coeur – Jean-Christophe Rufin

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